l’Association des anciens Honneurs Héréditaires
qui œuvre depuis 1967 à faire connaître ces dispositions et qui anime le cercle des familles françaises ainsi anoblies.
« Perpétuer dans les familles le zèle pour le bien de l’État par d’honorables souvenirs ».
Ordonnance du 8 octobre 1814.

L’association des anciens honneurs héréditaires (AHH) est une association loi de 1901 créée en 1967 qui réunit en un cercle amical des familles dont au moins trois générations consécutives ont été reçues dans l’ordre de la Légion d’honneur.
Objet de l’association et conditions d’admission
Cofondée en 1967 par Guy Guérin du Masgenêt, capitaine au long cours (1939), lieutenant de vaisseau (1941), administrateur principal des Affaires maritimes (commandant), officier des Forces navales françaises libres, officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre avec trois citations, décoré de la Distinguished Service Cross, membre de la Société archéologique et historique du Limousin , l’association des anciens honneurs héréditaires (AHH), indique dans ses statuts (article 2) : « Réunir des familles que la loi a voulu honorer d’une façon particulière, soit parce que leur auteur a reçu des lettres patentes de chevalier au titre de la Légion d’honneur sous le Premier Empire, soit parce qu’elles comptent, au sens de l’ordonnance du 8 octobre 1814, trois générations consécutives en ligne masculine dans l’ordre de la Légion d’honneur ».
L’association fut soutenue par l’Institut de France en 2015 par une subvention de la Fondation Lefort-Beaumont pour l’achat de 150 livres des actes du colloque La transmission familiale de l’esprit de service du 19 septembre 2014, au profit de bibliothèques publiques, centres de recherches, lycées etc.
Cette association revendique plus de 500 familles adhérentes. Son sigle AHH figure au répertoire des abréviations et sigles du Bottin mondain.
L’ordonnance du 8 octobre 1814
L’ordonnance du 8 octobre 1814 prescrivait les justifications à faire pour l’expédition et la délivrance de lettres patentes conférant le titre personnel de chevalier aux membres de la Légion d’honneur, et déterminait le cas dans lequel la noblesse leur sera acquise héréditairement.
Art. 1er. Il continuera d’être expédié des lettres patentes conférant le titre personnel de chevalier et des armoiries aux membres de la Légion d’honneur, qui se retireront à cet effet devant le Chancelier de France, et qui justifieront qu’ils possèdent un revenu net de trois mille francs au moins, en biens immeubles situés en France.
Art. 2. Lorsque l’aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d’honneur, et auront obtenu des lettres patentes, conformément à l’article précédent, le petit-fils sera noble de droit, et transmettra la noblesse à toute sa descendance.
L’histoire de l’application de cette ordonnance conférant jusqu’en 1874 la noblesse héréditaire aux familles dont trois générations consécutives de membres de la Légion d’honneur ont reçu par lettres patentes le titre personnel de chevalier est présentée dans l’article relatif à cet ordre.
Notes et références
- Bottin mondain, 1984, page 69.
- Quid 2001, page 578.
- Déclaration de Guy Guérin du Masgenêt dans l’Intermédiaire des chercheurs et curieux 1985, pages 121-123.
- Historique des Forces navales françaises libres: travail, Volume 3 Emile Chaline Marine nationale, Service historique de la Marine, 1990 p258
- Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, Volume 127 Société archéologique et historique du Limousin, Limoges A.Bontemps., 1999 p309
- site internet de l’association AHH, statuts.
- « Institut de France, Fondation Lefort-Beaumont, subventions 2015 »
- Site internet de l’association AHH : familles admises comptant trois légionnaires consécutifs.
- Texte de l’Ordonnance du 8 octobre 1814.
Bibliographie
Sur la Légion d’honneur :
- André Damien, Les ordres de chevalerie et les décorations, 2002.
- Légion d’Honneur textes officiels sur www.france-phaleristique.com.
- Jean-Michel Franc, Légion d’honneur, ETAI, 2014.
- Jean Tulard, François Monnier, Olivier Echappé, La légion d’honneur, deux siècles d’histoire, Perrin, 2004.
Sur la noblesse :
- Christian de Bartillat Histoire de la noblesse française de 1789 à nos jours: Les nobles du Second Empire à la fin du XXe siècle (chapitre consacré à la Légion d’honneur), Albin Michel, 1991.
- Jean Tulard, Napoléon et la noblesse d’Empire, Tallandier, 2003
- François de Coustin Gens de noblesse aujourd’hui, Flammarion, 1989 – (partie consacrée à la « noblesse républicaine ») p. 52 et suivantes.
Publications de l’association AHH :
- Pierre Gentil, L’Honneur de servir, AHH, 1997.
- La transmission familiale de l’esprit de service, actes du colloque du 19 septembre 2014 organisé par l’Association des anciens honneurs héréditaires; l’École nationale des chartes; le Centre de droit Maurice Hauriou; sous la direction de Jean-Michel Leniaud, Pierre Jaillard et Éric Peuchot de l’Association des anciens honneurs héréditaires, Editions Taillandier 2015.
- Ordonnance du 8 octobre 1814
- Ordre national de la Légion d’honneur
- Charte constitutionnelle du 4 juin 1814
Liens externes
Site officiel de l’AHH
La transmission familiale de l’esprit de service
L’AHH a organisé en septembre 2014 un colloque, sous l’impulsion de notre président maintenant honoraire Philippe Husson, avec l’École nationale des chartes (ENC), le Centre de droit Maurice-Hauriou de l’université Paris-Descartes, sur « La transmission familiale de l’esprit de service ».
Les interventions sont passionnantes à plus d’un titre. Elles sont importantes pour aider à comprendre l’histoire de nos familles à travers cette particularité peu partagée de compter au moins trois générations consécutives de décorés de la Légion d’honneur. Elles expliquent aussi les raisons qui fondent l’AHH et justifient son existence.
En particulier, on lira avec intérêt une communication très étayée de Ségolène de Dainville-Barbiche sur l’anoblissement sous Louis XVIII et la Restauration de familles comptant au moins trois générations consécutives de décorés de l’ordre de Saint-Louis ou de l’ordre de la Légion d’honneur, donnant une valeur particulière à cette affirmation de l’article 71 de la Charte de 1814 : « la noblesse ancienne reprend ses titres, la nouvelle conserve les siens ».
Les actes de ce colloque ont été publiés dès 2015 chez Tallandier, maison d’édition spécialisée dans les livres d’histoire. C’est une belle publication dont l’AHH est légitimement fière et dont nous sommes très heureux en tant que membres de l’AHH et organisateurs du colloque.
C’est une lecture et un cadeau peu onéreux (18 euros prix public, 12 euros pour les familles de l’AHH hors frais d’envoi de 4 à 6 euros selon la quantité).
L’AHH a en stock rue Bosquet quelques cartons de ce livre qui vous est destiné. Nous vous incitons très vivement à l’acquérir et à le distribuer autour de vous pour susciter des adhésions à l’AHH, pour intéresser vos enfants et votre parenté à l’histoire de leur famille et… pour libérer nos réserves très encombrées des cartons de livres acquis en prévision de vos commandes !
Nous comptons sur vous. Merci à vous de votre attention, de vos commandes et de participer ainsi activement au rayonnement de l’AHH et des valeurs qu’elle porte, communes à tous ses membres et si importantes pour la cohésion nationale.
Jean Michel Leniaud, directeur de l’ENC.
Pierre Jaillard, secrétaire général de l’AHH.
Éric Peuchot, Centre de droit Maurice-Hauriou.
Bulletin de l’AHH, n° 57, 2016.
Dictionnaire des familles au service de la nation
Trois descendants consécutifs dans la Légion d’honneur
Dans le but de « perpétuer dans les familles le zèle pour le bien de l’État par d’honorables souvenirs, » une ordonnance du 8 octobre 1814, remaniant les dispositions de décrets du 1er mars 1808 et du 3 mars 1810, dispose que « lorsque l’aïeul, le fils et le petit-fils auront été successivement membres de la Légion d’honneur et auront obtenu des lettres patentes, le petit-fils sera noble de droit et transmettra sa noblesse à toute sa descendance. » Ces dispositions, simplement allégées avec le Second Empire de l’obligation d’obtenir des lettres patentes, ont été appliquées au XIXe siècle sous les deux Empires, sous les deux monarchies, et en dernier lieu le 25 septembre 1874.
S’il est tombé en désuétude, le critère substantiel posé par cette ordonnance, l’appartenance de trois descendants consécutifs à la Légion d’honneur, n’en demeure pas moins en lui-même un « honorable souvenir » à caractère héréditaire, comparable en cela à l’extraction noble, à ceci près qu’il peut encore être acquis aujourd’hui. Parfaitement complémentaire de la hiérarchie dans l’ordre, qui distingue l’éminence des mérites acquis par des personnes au service de la nation, le critère des trois légionnaires consécutifs désigne au souvenir de celle-ci, quant à lui, la constance avec laquelle certaines familles l’ont éminemment servie. C’est dans cet esprit que l’Association des anciens honneurs héréditaires (AHH) a été créée le 2 mars 1967 à Paris pour réunir ces familles. C’est aussi dans cet esprit, et avec le soutien de cette association, que nous préparons un dictionnaire de ces familles.
Dans les années 1960 et 1970, Dominique Labarre de Raillicourt publiait les généalogies de 217 familles remplissant le critère substantiel des trois légionnaires consécutifs et évaluait à 2 000 le nombre total de familles dans ce cas (évaluation qu’on peut rapprocher de celle de 4 000 familles d’ascendance noble à la même époque, sans céder à la tentation d’additionner ces nombres, car de nombreuses familles remplissent simultanément les deux critères). Les plus de 900 membres accueillis jusqu’à présent par l’AHH en représentent plus de 550. Nous en avons identifié plus de 2 700 autres (liste ci-dessous), et on peut évaluer entre 4 000 et 5 000 le nombre total de familles comptant trois légionnaires consécutifs.
Quatre à cinq mille familles en deux cents ans
Les articles familiaux rédigés en vue de ce dictionnaire sont en principe intitulés du nom de la famille tel que le troisième légionnaire pouvait le porter au moment de sa nomination dans l’ordre (ou les troisièmes légionnaires lorsqu’une même famille compte plus d’une lignée de trois légionnaires consécutifs, et que son nom s’était différencié entre elles : articles Barbié et Barbié de Préaudeau, Flüry et Flüry-Hérard, Fould et Achille-Fould, Méric de Bellefon et de Méric de Bellefon…). Après une brève présentation générale, ils laissent la place principale à la généalogie, qui exprime le mieux le critère faisant l’unité de ce dictionnaire : les mérites éminents de personnages liés entre eux par une filiation, et la transmission héréditaire à leurs descendants mâles des « honorables souvenirs » qui en découlent. Mais les données proprement généalogiques y sont traitées sous forme conventionnelle, au contraire de la description des mérites de chacun.
La présentation des filiations privilégie donc ce critère. Les trois premières générations consécutives de légionnaires sont numérotées 1, 2 et 3. Ces numéros peuvent être déclinés par adjonction de lettres minuscules lorsque la famille compte plus d’une lignée de trois légionnaires consécutifs. Toutes ces lignées sont suivies, ainsi que l’ensemble de la descendance du nom (masculine ou féminine) de chaque troisième légionnaire. Celle-ci est présentée et numérotée « de mâle en mâle par ordre de primogéniture » jusqu’au dernier chef de nom et d’armes, en ajoutant au numéro de l’ancêtre commun le plus proche, après une virgule, le numéro « d’Aboville » de ses descendants à partir de lui. Les ancêtres agnatiques sont aussi donnés à titre indicatif avec une « numérotation » en lettres majuscules et le cas échéant en lettres grecques minuscules. On donne enfin aussi les parents des épouses, et les autres descendants légionnaires ou qui apparentent plusieurs familles de ce dictionnaire.
Chaque personnage fait l’objet d’un unique paragraphe. Celui-ci commence par son nom et ses qualités héréditaires (afin de préciser le sexe des enfants portant un prénom mixte, les filles ne sont désignées que par leur nom de baptême), immédiatement suivis entre parenthèses, chaque fois qu’ils sont connus, de ses dates et lieux de naissance et éventuellement de décès (précédés d’une croix si ni la date ni le lieu de naissance ne sont connus), et de la chronique des qualités acquises, des fonctions occupées et des services rendus. Puis sont mentionnées l’éventuelle appartenance à la Légion d’honneur et à l’AHH, les autres distinctions, et les alliances contractées.
Les armes sont enfin blasonnées, le cas échéant, dans leurs différents états.
Appel à contributions
Les sources de ce premier recensement résident principalement dans « l’essai de répertoire » de Dominique Labarre de Raillicourt (1966 – 1977), et dans les notices familiales publiées dans le bulletin de l’AHH, dont les plus anciennes ont été recueillies par Pierre Gentil sous le titre L’Honneur de servir. Elles sont souvent complétées par d’autres sources spécifiques, alors mentionnées en références et auxquelles on pourra se reporter pour davantage de développements, et par des renseignements familiaux.
Mais ce premier recensement reste très lacunaire. Nous en appelons donc à tous les généalogistes intéressés :
- d’une part pour compléter le recensement des familles remplissant le critère des trois légionnaires consécutifs, d’après celles qu’ils ont déjà étudiées ;
- d’autre part pour corriger ou compléter les articles familiaux déjà rédigés.
Les corrections et compléments sont à nous adresser, de préférence par messagerie (pierre@jaillard.net), ou sinon par courrier (14 avenue de Poitou, 92330 SCEAUX). Que chacun en soit par avance très vivement remercié.
Il est aussi apparu souhaitable à l’auteur et à l’association que le corpus ainsi réuni puisse être ouvert à des fins de recherche sur les familles concernées, tout en préservant les droits de propriété intellectuelle de l’auteur sur le fruit de ses propres recherches. C’est l’objet des Conditions d’accès aux données du dictionnaire généalogique et héraldique des familles comptant un chevalier légionnaire ou trois légionnaires consécutifs proposé aux chercheurs avec l’approbation du conseil d’administration de l’AHH.
Pierre Jaillard
A suivre : Familles paraissant compter trois membres consécutifs de la Légion d’honneur (ou après 1819 de l’ordre de Saint-Louis), outre les plus de 550 familles déjà admises par l’AHH ; et Familles admises comptant trois légionnaires consécutifs.
Sommaire des actes
Préliminaires
I. Accueil par Éric Peuchot, maître de conférences au centre de droit Maurice-Hauriou de l’université Paris-Descartes
II. Introduction par Philippe Husson, ancien ambassadeur, président de l’Association des anciens honneurs héréditaires (A.H.H.)
L’anoblissement par charges sous l’Ancien Régime, par le Professeur Bernard Barbiche
I. La noblesse dans l’ancienne France
II. L’anoblissement par charges
III. La noblesse inachevée
L’anoblissement et le titre de chevalier par décorations (ordres de Saint-Louis et de la Légion d’honneur), 1750-1875, par Ségolène de Dainville-Barbiche
I. L’Ancien Régime
II. La Légion d’honneur, le rétablissement des titres sous le Premier Empire
III. La Restauration
IV. La monarchie de Juillet
V. La Seconde République, le Second Empire
VI. La décision de Mac Mahon en 1875
Honneur ou noblesse en héritage : de quelques associations de descendants, par Jacques de Trentinian
I. Les anciens honneurs héréditaires
II. Qualité actuelle des membres de ces cohortes
III. Des honneurs à l’honneur
Des milliers de familles avec trois légionnaires consécutifs : hasard ou fait social ?, par Pierre Jaillard
I. Une notion de famille patrilinéaire
II. Un fait statistiquement établi
III. Plusieurs pistes d’interprétation
IV. La famille et les mécanismes de transmission
Mériter les honneurs en république : prosopographie des membres de l’A.H.H. 1967-2007, par Alice Bravard
I. Une élite républicaine
II. Une élite au service de la France
III. Hérédité du mérite ou transmission des talents
IV. Conclusion
Honneur et service, un exemple de transmission familiale : le général Georges-Auguste Florentin, grand chancelier de la Légion d’honneur, et sa famille, par Georges-Henri Florentin
I. Les fondamentaux culturels et familiaux du futur Grand Chancelier : « l’avant »
II. Une vie d’officier au xixe siècle
III. L’honneur de l’Ordre et les valeurs comportementales du Grand Chancelier : élégance et fermeté
IV. Héritage et continuité des valeurs du Grand Chancelier, servir ? « L’après »
V. Conclusion
La discipline de la Légion d’honneur ou quand l’honneur vient à se perdre, par Éric Peuchot
I. Raisons du pouvoir disciplinaire
II. Les peines disciplinaires
III. Conclusion
Honneur et hérédité aujourd’hui, quelle perception, quel sens, quel devoir ?, table ronde animée par Annet Sauty de Chalon
I. Me François-Henri Briard, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation
II. Gilles Avenel, administrateur de sociétés, membre de la fondation Un avenir ensemble
III. Bertrand Dufourcq, ambassadeur de France, président honoraire de la Fondation de France
IV. Marc Génot, ancien président de la Fondation pour l’enfance
V. Amiral Benoît Chomel de Jarnieu, administrateur de l’A.H.H.
VI. Martine Clément, membre du Conseil de l’Ordre de la Légion d’honneur
Conclusion, par Jean-Michel Leniaud
Annexe : les ordonnances de 1750, 1814 et 1819 et le décret de 1808
I. Ordonnance de novembre 1750 portant création d’une noblesse militaire
II. Décret du 1er mars 1808 confirmant la création des titres impériaux (extraits)
III. Ordonnance du 19 juillet 1814 relative à la Légion d’honneur (extraits)
IV. Ordonnance du 8 octobre 1814 qui prescrit les justifications à faire pour l’expédition et la délivrance de lettres patentes conférant le titre personnel de chevalier aux membres de la Légion d’honneur, et détermine le cas dans lequel la noblesse leur sera acquise héréditairement
V. Ordonnance du 6 juin 1819